Comment se protéger des ondes chez soi…..

extrait de   “Madame Figaro” / Par Ophélie Ostermann / Le 13 janvier 2015

Les associations dénoncent leurs effets nocifs. Les agences de santé ne sont pas d’accord sur leur impact sur la santé, mais certaines personnes y sont d’ores et déjà allergiques. Et il est recommandé de limiter notre exposition. On fait le point.

Elles sont invisibles, inodores, mais sont partout et touchent toute la population. Elles, ce sont les ondes électromagnétiques, produites par la plupart de nos équipements électroniques. Dans nos maisons et appartements, elles proviennent des téléphones portables, des ampoules basse consommation, des plaques à induction, des micro-ondes, du Wi-Fi… Et à l’extérieur des antennes-relais, notamment. Certains diront que nous devons vivre avec notre temps, savoir profiter des nouvelles technologies. Mais quelles conséquences ont ces ondes sur notre santé ?

Le débat se poursuit depuis des années, rebondissant de rapports en recommandations contradictoires des agences de santé. Dans son dernier rapport d’octobre 2013, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) affirme qu’il n’y a pas « d’effet avéré » des ondes sur la santé… Tout en confirmant l’annonce faite en 2011 par l’OMS, qui les classait pourtant parmi les « cancérogènes possibles ». La même année, le Conseil de l’Europe recommandait la mise en place de « zones blanches », dépolluées d’ondes.
Diagnostic : électrosensible

Si les conséquences sanitaires sur l’ensemble de la population sont toujours discutées, elles se révèlent invivables pour les allergiques aux ondes. Leur quotidien est marqué par des migraines, des sensations de brûlures aux extrêmités du corps et des insomnies récurrentes. Les ondes chamboulent littéralement leur organisme. Ces allergiques sont défendus depuis plusieurs années par des associations comme Robin des Toits, Une Terre pour les EHS ou encore Electrosensibles de France. Victimes collatérales de la pollution environnementale, les discours des autorités les font bondir. Certains considèrent que les symptômes sont psychologiques. Pourtant, la Suède et certains États américains (Colorado, Connecticut, Floride) reconnaissent que le phénomène est un handicap. En avril dernier en France, un homme électrosensible a même été indemnisé.

Pour Florence, 52 ans, le diagnostic a été posé il y a six mois par le Dr Laurent Chevallier, chef de l’unité Nutrition et consultant en médecine environnementale à la Clinique du Parc, près de Montpellier : « J’avais des acouphènes et des maux de tête dès que je m’approchais d’un ordinateur, d’un portable et même des caisses de supermarchés. Puis ça s’est intensifié, avec des insomnies, des maux de dos et des douleurs partout dans le corps, comme si tous mes muscles se contractaient », raconte-t-elle. Ancienne animatrice en maison de retraite et esthéticienne libérale, Florence ne peut plus travailler. Entourée de trois voisins qui ont le Wi-Fi, elle cherche à déménager pour fuir cette pollution environnementale. Pour aller où ? La question reste entière.

Hugo, 15 ans, hypersensible depuis ses 11 ans, ne vit pas vraiment comme les ados de son âge. Exposé aux ondes dans la rue, chez lui ou dans une voiture sur l’autoroute, il a des vertiges et de violentes migraines. Entre autres problèmes. « On l’a changé de collège parce qu’une antenne-relais se trouvait juste à côté. Mais pour rester scolarisé dans son nouvel établissement, il aurait fallu que les élèves de sa classe éteignent leurs portables en cours, ce qui est impossible. J’ai arrêté de travailler pour m’occuper de lui et il suit des cours par correspondance », explique Marie, sa mère. Pour cette famille, c’est un retour en arrière. Plus d’ampoules basse consommation, retour du téléphone filaire, plus de Wi-Fi et un déménagement. Si Hugo souffre moins, il ne dort que trois heures par nuit, minimise ses sorties et voit ses amis chez lui, portables éteints.
Comment s’en protéger chez soi ?

Pierre Le Ruz est directeur du Centre de recherche et d’information indépendant sur les rayonnements électromagnétiques (Criirem) et expert européen en nuisances électromagnétiques et en radioprotection. Il nous livre ses conseils pour diminuer l’exposition aux ondes à l’intérieur des maisons et des appartements.
Dans la chambre

Utilisez un biorupteur. Il coupe le circuit éléctrique et le courant magnétique quand aucun appareil ne fonctionne. Cela vaut pour toute la maison.

Utilisez des ampoules Led pour les lampes de chevet ou de bureau.

Éloignez votre réveil ou optez pour un réveil à piles.

Ne chargez pas votre téléphone près du lit, éloignez-le le plus possible. N’oubliez pas de l’éteindre : même en mode avion, il continue d’émettre.

Placez le babyphone à 2 mètres du bébé au minimum, et jamais dans son lit.
Dans le salon

Placez le téléphone fixe dans l’entrée ou en tout cas le plus loin possible. La base du téléphone émet en permanence. Préférez le haut-parleur lors de son utilisation.

Lors de l’achat d’un portable, regardez le débit d’absorption spécifique (DAS ou SAR en anglais), l’indice indiquant la quantité d’énergie véhiculée par les radiofréquences. Il doit être entre 0,2 et 0,3 et ne pas dépasser 0,5. Préférez le kit mains libres ou le haut-parleur.

Téléphonez de préférence près d’une fenêtre pour moins ressentir les énergies du portable. Et jamais dans une voiture : il est stipulé dans le livret de la voiture qu’avec les ondes qui s’interfèrent, cela peut entraîner des dysfonctionnements et bloquer le levier de vitesse par exemple.

Placez-vous à 1,50 mètre minimum de votre box Wi-Fi et éteignez-la pendant la nuit. Si vous êtes prête à vous en séparer, optez pour le câble ou le très haut débit par fibre optique si c’est possible.

Remplacez les ampoules fluo compactes, dites « basse consommation », par des Led.

Évitez le chauffage électrique au sol et les chauffages radiants.

Écoutez la radio quand le son est clair. Les bruitages entendus sont le signe d’ondes parasites, très élevées.
Dans la cuisine

Changez (dans l’idéal) son micro-ondes tous les cinq ans, car l’appareil fuit beaucoup et perd de l’énergie. Gardez toujours une distance d’au moins 1 mètre et débranchez le four entre chaque utilisation.

Assurez-vous d’être éloignée d’au moins 1 mètre, voire de 1,50 mètre, des plaques à induction, du frigidaire et d’une cafetière électrique.

Pour en savoir plus : www.criirem.org

http://madame.lefigaro.fr/bien-etre/ondes-electromagnetiques-a-la-maison-comment-sen-proteger-130115-93762